Par ordre chronologique...

Premiers contacts avec le monde du travail, comme on dit pudiquement, les jobs d'été sont souvent formateurs car ils permettent de toucher à des métiers très différents de ceux auxquels on se destine. Voici, plus de vingt ans après, ce que j'en retiens encore...

Première expérience, dans la grande distribution : côtés coulisses.

"Garde barrière" dans un hypermarché... ou plus exactement agent de sécurité chargé de surveiller et d'organiser les allées et venues des camions de livraison. A 18 ans, face à certains routiers grincheux qui font la queue depuis plusieurs heures, ce n'était pas toujours facile...

Le plus marquant fût pour moi de découvrir, lors de la ronde dans la cour, la quantité de marchandise à peine périmée ou abîmée jetée quotidiennement. Heureusement (sic !), il y avait un incinérateur dans l'enceinte de la cour pour se débarrasser des emballages et produits plus très frais... incroyable revers du décor de cette société de consommation qui, jusqu'alors, me faisait rêver.

L'année suivante, toujours dans le même groupe de distribution, mais côté entrepôts et rayons à approvisionner, j'ai à nouveau constaté que la grande distribution devait faire payer très cher le gaspillage des denrées périssables mal gérées aux clients sûrs de la bonne affaire. J'ai également apprécié l'esprit de compétition des chefs de rayons qui félicitaient les magasiniers parcequ'ils dépassaient les résultats de l'année précédente et rabrouaient ceux qui ne pouvaient s'aligner !

Non, décidément, la grande surface, c'est pas mon rayon !

 

Chauffeur de mécaniciens trops fêtards...

L'intérim estival permet de drôles de rencontres. Un directeur d'atelier de mécanique marine de Vendée était confronté à la double suspension de permis de deux mécanos un peu trop portés sur le Mareuil. Il fût donc obligé d'embaucher un chauffeur pour conduire la fine équipe sur différents chantiers urgents dans le Grand Ouest.

Outre quelques rudiments de mécanique diesel, cette expérience m'a ouverts des horizons sociaux jusqu'ici inexplorés grâce à la cohabitation avec des collègues dont les centres d'intérêts étaient radicalement différents des miens.

Factotum dans une résidence de vacances

Toujours pour allier travail estival et proximité de l'océan, j'ai effectué pendant deux mois le remplacement du technicien pluri-compétent d'une résidence de 51 logements. Nettoyage des extérieurs, petites réparations diverses, préparation de la "sardinade" hebdomadaire... autant de tâches qui m'ont enrichi sur le plan de la nature humaine. Surtout celle des clients qui se comportent en général avec indifférence et parfois avec sadisme (des toilettes bouchés trois fois en une semaine, ça relève du vice...). Bref, une leçon d'humilité pour un jeune étudiant qui commençait à croire à la puissance du principe de service à la population !

Chargé d'étude à la DDE du Loiret

Deux mois d'été. C'était en 1992, avant la fameuse loi paysage de janvier 1993 qui institua (entre autres) le volet paysager du permis de construire et la nécessaire prise en compte de ce sujet protéiforme dans les documents d'urbanisme. C'était précisément sur ce point que je fus embauché comme chargé d'étude (et non comme stagiaire comme je le demandais à l'origine) pour établir un protocole méthodologique de réalisation des diagnostics paysagers des Plans d'Occupation des Sols.

Outre une amélioration notable de mes performances au tarot (lors des pauses déjeuner seulement !), j'ai particulièrement apprécié la position d'auditeur externe sur les pratiques de la DDE qui faisait encore à l'époque elle-même les documents d'urbanisme pour le compte des communes. Le chef de service m'avait en effet donné carte blanche. Je ne pense pas que mon rapport a grandement modifié les habitudes bien établies, d'autant plus que la loi paysage et ses décrets furent suivis des habituelles circulaires de mises en application et autres consignes du type "service après vote". Mais pour la première fois j'ai mis en pratique professionnellement ce que j'étudiais à l'université.

Association de préfiguration du Parc naturel régional LOIRE-ANJOU-TOURAINE

La confluence Loire-Vienne
La confluence Loire-Vienne

1994 : Obligation de servir mon pays ? D'accord ! Je veux bien lui devoir ça puisqu'il a payé mes études... mais pas en portant les armes. J'opte pour un service civil. Ce sera à l'association de préfiguration du PNR Val de Loire - Anjou - Touraine.

 

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